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Confiant souffrir de dépression, Naomi Osaka se retire de Roland-Garros

Publié le

par Lucie Bacon

© Instagram Naomi Osaka

"Je voudrais la serrer dans mes bras, parce que je sais ce que c'est", a commenté Serena Williams.

Sa déclaration, la semaine dernière, avait créé une polémique, quelques jours avant son entrée dans le tournoi. Naomi Osaka, numéro 2 mondial, avait annoncé ne pas vouloir se rendre en conférence de presse après ses matches à Roland-Garros, vivant mal ces moments.

Accusée par certains de ne pas vouloir jouer le jeu des médias, qui la mettent pourtant en lumière, la tenniswoman a été vivement touchée par cette situation. Ce lundi soir, elle a finalement repris la parole, cette fois pour annoncer qu'elle ne participerait pas à Roland-Garros.

C'est par un long message posté sur ses réseaux sociaux que la Japonaise de 23 ans a expliqué son choix. "C'est une situation que je n'avais pas imaginée ni cherchée quand j'ai tweeté il y a quelques jours, commence Osaka. Je pense que, maintenant, la meilleure chose pour le tournoi, les autres joueuses et mon bien-être est que je me retire (du tournoi) pour que chacun puisse se reconcentrer sur le tennis."

"Je vais me retirer un certain temps des courts mais, le moment venu, je veux vraiment travailler avec le circuit pour discuter des moyens d'améliorer les choses pour les joueurs, la presse et les fans", annonce-t-elle également.

"Je n'ai jamais voulu créer de perturbation et je reconnais que le timing n'était pas idéal et que mon message aurait pu être plus clair", s'excuse-t-elle. "La vérité est que j'ai traversé de longues périodes de dépression depuis l'US Open 2018 (son premier sacre en Grand Chelem, ndlr) et que j'ai eu beaucoup de mal à m'en remettre", raconte la Japonaise, qui a grandi et vit aux Etats-Unis. "Quiconque me connaît sait que je suis introvertie, et quiconque m'a vue pendant des tournois aura remarqué que je porte souvent un casque audio parce que ça m'aide à atténuer mon anxiété sociale, poursuit-elle. Je ne suis pas naturellement à l'aise pour parler en public et je ressens d'immenses vagues d'anxiété quand je dois m'adresser à la presse mondiale."

Tout avait donc commencé mercredi dernier quand Osaka a surpris en communiquant sa décision de snober les conférences de presse à Roland-Garros pour préserver sa santé mentale. Mais c'est après sa qualification pour le deuxième tour dimanche que les choses se sont brutalement crispées entre elle et les quatre tournois les plus puissants du tennis mondial.

D'abord, la quadruple lauréate en Grand Chelem (US Open 2018 et 2020, Open d'Australie 2019 et 2021) a écopé d'une amende de 15 000 dollars (12 300 euros). Surtout, les quatre Majeurs ont prévenu dans un communiqué commun que "dans l'hypothèse où elle continuerait à manquer à ses obligations médiatiques pendant le tournoi, elle s'exposerait à de nouvelles sanctions".

"Des infractions à répétition pourraient engendrer des sanctions plus sévères, y compris l'exclusion du tournoi, ainsi que le déclenchement d'une enquête pour faute grave, qui pourrait mener à des amendes plus lourdes et des suspensions pour les Grands Chelems à venir", ont-ils menacé.

"J'ai de la peine pour Naomi"

Face à cette soudaine montée de tension, Osaka a finalement préféré s'éclipser vingt-quatre heures plus tard, non sans s'expliquer. Sa décision a été accueillie avec tristesse par la Fédération française de tennis (FFT), organisatrice du tournoi, comme par Serena Williams. "J'ai de la peine pour Naomi", a commenté la championne américaine. "Je voudrais la serrer dans mes bras, parce que je sais ce que c'est", a-t-elle ajouté.

De nombreuses autres personnalités du monde sportif ont apporté leur soutien à Naomi Osaka. "En tant que sportifs, on nous apprend à prendre soin de notre corps, et peut-être que l'aspect mental est traité à la va-vite", a par exemple tweeté l'ancienne championne de tennis Martina Navratilova. "Tout cela va plus loin que de donner ou ne pas donner une conférence de presse. Bonne chance Naomi, nous sommes tous derrière toi !" a-t-elle ajouté.

Konbini Sports avec AFP

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