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Euro 2020 : voici nos trois coups de cœur du premier tour

Publié le

par Tidiany M'Bo

REUTERS/Wolfgang Rattay

Ces quinze premiers jours de compétition ont fait souffler une tornade de sentiments sur les fans de foot européens.

L’Euro 2020 a débuté avec un an de retard pour cause de pandémie. Mais autant l’attente aura été longue, autant ce premier tour aura réconcilié les supporters avec le foot de sélection qu’ils étaient de plus en plus nombreux à bouder ! En dépit d’une formule alambiquée, qui qualifie plus d’équipes qu’elle n’en élimine au terme de la phase de groupes, cette première partie de tournoi aura en grande partie tenu ses promesses, avec notamment 94 buts inscrits (soit 2,62 buts par match en moyenne).

Des grosses nations au rendez-vous (Italie, Pays-Bas, Allemagne, Belgique), des petites équipes vaillantes (Macédoine du Nord, Écosse), de belles histoires, des stades à nouveau garnis à défaut d’être tous remplis… Après quinze jours de compétition, il est déjà temps de faire le bilan de tout ce qu’on aura vécu de réjouissant. Et il y a de quoi dire !

Le Danemark et son ascenseur émotionnel

Le football a cette incroyable vertu d’exacerber nos émotions. Et l’histoire qui nous est contée par le Danemark durant cette première phase est là pour nous le rappeler. La peur, la tristesse, puis le courage, l’enthousiasme, et finalement la joie… Le vainqueur de l’édition 1992 – dans des conditions particulières à l’époque, déjà, puisqu’il avait remplacé au pied levé la Yougoslavie quelques jours avant le début de la compétition – est passé par tous les états, drainant dans son sillage une grande partie des fans de foot.

Les Danois cachent les médecins secourant Eriksen après son malaise. (© Reuters/Wolfgang Rattay)

Cette image de l’équipe médicale, protégée par les joueurs danois au moment où elle prend en charge Christian Eriksen, victime d’un malaise cardiaque sur la pelouse, hantera certainement le subconscient de bon nombre d’entre nous. L’issue sera finalement heureuse pour Eriksen comme pour le Danemark. Et pendant que le joueur de l’Inter sortait de l’hôpital sain et sauf, ses coéquipiers ont fait preuve d’une résilience insoupçonnable.

Après avoir accepté, bon gré mal gré, de rentrer sur le terrain pour affronter la Finlande, après avoir bien résisté à la Belgique (défaite 1-2 en ayant mené 1-0 et dominé une grande partie de la rencontre), ils sont allés chercher leur billet pour les 8e de finale au terme d’une rencontre d’une rare intensité émotionnelle, face à la Russie (4-1) lors du troisième match. En l’espace de quelques jours, le Parken Stadium de Copenhague a été le théâtre d’une immense peine, puis d’une grande joie. Un épisode qui nous rappelle combien le sport s’apparente à bien plus qu’un simple jeu.

(© Reuters/Wolfgang Rattay)

La renaissance italienne

La Squadra avait la lourde tâche de remettre l’Europe du football dans le grand bain lors du match d’inauguration de cet Euro 2020, à Rome. Une tâche loin d’être facile… surtout quand le tennis choisit le même soir d’offrir à la planète l’un des affrontements les plus homériques des dix dernières années entre Novak Djokovic et Rafael Nadal. Et pourtant, après trois matches, trois victoires, sept buts marqués et aucun encaissé, l’équipe entraînée par Roberto Mancini a rappelé à tous combien l’époque du Catenaccio pouvait sembler lointaine pour elle.

(© Reuters/Alessandra Tarantino)

Consistante dans le jeu, aérienne dans le style, elle a survolé son premier tour en y ajoutant une vraie note esthétique. Confirmation pour certains (Insigne, Barella), révélation pour d’autres (Locatelli)… Ce premier tour aura, en tout cas, confirmé le retour de la Squadra parmi les nations de premier plan, elle qui avait manqué sa qualification pour le Mondial 2018.

Ce sont désormais 30 matches sans défaite d’affilée (25 victoires et cinq nuls) que les Italiens viennent d’aligner, battant ainsi un record vieux de 1939. Avant d’affronter l’Autriche en 8e de finale, tous les feux sont au vert pour la nation la plus enthousiasmante du plateau jusqu’à présent.

Le match phare du premier tour : Portugal-Allemagne (2-4)

Six buts (trois par mi-temps), du spectacle, des intentions de jeu, de grands joueurs sur le terrain… Ce Portugal-Allemagne du 19 juin aura constitué le point d’orgue footballistique du premier tour. Un ravissement pour les yeux et un souvenir pour les têtes. Chacune dans leur style, les deux équipes ont alimenté le rapport de force sur la pelouse de Munich. Le Portugal, opportuniste avant d’être dépassé, l’Allemagne, ambitieuse et conquérante quelles que soient les circonstances.

Le cocktail fut détonnant, autant que le scénario de la partie fut incertain et déroutant. Ce sont généralement les ingrédients nécessaires pour une rencontre mémorable. Qui aurait pensé qu’au terme de quinze premières minutes dominées de la tête et des épaules, les Allemands concéderaient l’ouverture du score de Cristiano Ronaldo ? Qui aurait imaginé que derrière, une Mannschaft pas résignée allait faire s’abattre la tempête sur la défense portugaise, avec quatre buts inscrits en 25 minutes ? Qui aurait ensuite parié sur un retour des Portugais, pas loin de revenir à un petit but lorsque Renato Sanches a fracassé le poteau à la 79e minute ? Cette incertitude, c’est aussi cela qui construit les récits dont on se souvient. Et on se souviendra de ce Portugal-Allemagne au moment de se remémorer, dans quelques mois, cet Euro 2020.

(© Christian Charisius/dpa)

L’équipe-type du premier tour : 3-5-2

Olsen (Suède) – Stones (Angleterre), de Ligt (Pays-Bas), Kjaer (Danemark) – Dumfries (Pays-Bas), de Jong (Pays-Bas), Locatelli (Italie), Wijnaldum (Pays-Bas), Spinazzola (Italie) – Lukaku (Belgique), Cristiano Ronaldo (Portugal).

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